Présentation générale
Le sélénium est un oligo-élément essentiel incorporé sous forme de sélénocystéine dans une famille de protéines spécialisées (sélénoproteines). Les plus importantes sont la glutathion peroxydase (neutralisation des peroxydes), la thiorédoxine réductase (régénération des antioxydants) et les iodothyronine désiodases (activation des hormones thyroïdiennes). Ses apports alimentaires sont très variables selon la teneur des sols (Europe centrale et orientale sont déficitaires). En supplémentation, il est utilisé pour corriger les déficits et soutenir l'immunité et la thyroïde.
Mode d'action et effets bénéfiques
Le sélénium est incorporé dans la glutathion peroxydase (GPx) qui réduit les hydroperoxides lipidiques en alcools inoffensifs, protégeant les membranes cellulaires. La thiorédoxine réductase maintient la thiorédoxine en état réduit, régénérant la vitamine C et d'autres antioxydants. Les désiodases convertissent la T4 (inactive) en T3 (active). Des méta-analyses (Huang et al., 2012) confirment un renforcement de la réponse immunitaire et une réduction des marqueurs de stress oxydatif. Ses effets sont documentés principalement chez les sujets à apports alimentaires insuffisants.
Niveau de preuve, études et idées reçues
Mythe de sécurité majeur : le sélénium a une fenêtre thérapeutique parmi les plus étroites de tous les minéraux. La sélénose (toxicité chronique) débute à partir de 400 µg/j avec des symptômes de chute de cheveux, fragilité des ongles et neuropathie. Des grandes études (SELECT, 2011) ont montré qu'une supplémentation en sélénium chez des sujets à statut déjà suffisant pouvait augmenter le risque de diabète de type 2. La supplémentation n'est utile qu'en cas de déficit avéré.