Présentation générale
L'iode est un oligo-élément essentiel dont la quasi-totalité de la réserve corporelle (15-20 mg) est concentrée dans la glande thyroïde. Il est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes T3 (triiodothyronine) et T4 (thyroxine), qui régulent le métabolisme basal, la thermogenèse, la croissance et le développement neurologique. Le sel iodé a permis d'éliminer le goitre endémique dans les pays développés. En supplémentation, il est indiqué en cas d'apports alimentaires insuffisants (végétaliens, sans consommation de produits marins).
Mode d'action et effets bénéfiques
L'iode est capté par les thyréocytes via le symporteur sodium-iode (NIS) et incorporé dans la thyroglobuline pour former la T3 et la T4, sous contrôle de la TSH hypophysaire. Sa carence entraîne un goitre compensatoire et une hypothyroïdie pouvant altérer le métabolisme basal, la cognition et la fertilité. Des études d'intervention confirment la correction efficace du goitre et de l'hypothyroïdie par supplémentation. Son effet est quasi nul chez des sujets à statut thyroïdien et iodé normaux.
Niveau de preuve, études et idées reçues
Mythe de sécurité majeur : un excès d'iode peut paradoxalement inhiber la synthèse des hormones thyroïdiennes (effet Wolff-Chaikoff) et déclencher ou aggraver une thyroïdite auto-immune, une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie — particulièrement chez les personnes avec une pathologie thyroïdienne préexistante. La supplémentation à hautes doses (> 1 000 µg/j) est contre-indiquée sans suivi médical. Les compléments à base d'algues marines (kelp) ont des teneurs en iode très variables et potentiellement excessives.